Ciencia en redes : la science en réseaux

Les réseaux sociaux ont-ils un important rôle à jouer dans la communication des sciences ? C’est le thème du congrès Ciencia en Redes qui a lieu à Séville le 12 mai.

Ciencia en redes est un événement organisé par l’Association Espagnole de Communication Scientifique, qui fêtera sa sixième édition. Cette journée s’adresse aux journalistes de sciences, aux médiateurs et aux communicateurs de toute l’Espagne qui discutent des possibilités offertes par les nouvelles technologies.
Oscar Menendez est l’un des organisateurs de l’événement. C’est un fameux vulgarisateur de science, fondateur de Beer for Science en Espagne et du blog Divulgador.es.

Photo : Patricia Medrano / AECC

Comment est née l’initiative de Ciencia en redes ?

Oscar Menendez

La première édition de Ciencia en redes a eu lieu en 2012. A l’époque, les réseaux sociaux étaient en pleine puissance et les médiateurs de sciences étaient un peu pris au dépourvu. Nous supposions que ces nouveaux outils pouvaient ouvrir de nouvelles possibilités, mais d’une certaine manière, non les voyions plutôt comme une menace. Et d’ailleurs c’est toujours le cas. Il n’a jamais été aussi facile de communiquer qu’aujourd’hui, mais il n’a jamais été aussi difficile de vivre professionnellement de la communication. Ce paradoxe nous force à essayer d’exploiter au maximum les possibilités des réseaux sociaux et d’internet. Ciencia en redes est né afin de comprendre comment cela peut se faire à travers des expériences et en mettant en évidence des schémas récurrents.

Comment peut-on expliquer le succès de cette rencontre qui en est cette année à sa sixième édition ?

Le succès de Ciencia en redes est dû à ceux qui y assistent. Ce ne sont pas seulement les intervenants, qui garantissent l’intérêt de l’événement, mais plutôt les gens qui y viennent. A cette rencontre, personne n’est là uniquement pour écouter, tout le monde à quelque chose à dire et des choses à partager. Ciencia en redes est devenu incontournable. Nous le savons et nous pouvons le vérifier car, même si nous n’avons toujours pas publié le programme (interview réalisé le 25 février 2017 note), nous avons déjà des inscrits.

Les nouvelles technologies comme forme de communication sont au centre des débats de l’événement. Pensez-vous que l’utilisation de ces nouveaux outils par les médiateurs de science est établie ?

Je ne crois pas qu’un seul médiateur puisse survivre sans les réseaux sociaux ou les nouvelles technologies. Le seul problème, c’est que ces réseaux ne sont généralement pas une source de revenu de façon directe, c’est à dire que ce ne sont pas eux qui nous font vivre. Ce sont seulement des outils, sauf exception, mais des outils indispensables.

Les médiateurs les utilisent pour parler avec les auditeurs ou les spectateurs, certes, mais ils les utilisent avant tout pour communiquer entre eux et avec des scientifiques. Les réseaux ne sont pas un outil pour parler, mais plus spécialement pour écouter. Et on ne peut pas être un bon journaliste ou un bon médiateur si on ne sait pas écouter.

Quels seront les thèmes abordés dans la prochaine édition de Ciencia en redes ?

Nous ne pouvons pas trop nous exprimer sur le programme car, comme je l’ai dit, il n’est pas encore public. Je peux cependant dire que cette année nous parlerons de Youtube et des vidéos en ligne comme moyen de communication scientifique. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre sur cela, car la communication de la science ne s’est pas encore beaucoup développée dans ce domaine.

Cette année nous apporte un nouveau défi car, pour la première fois, l’événement se tiendra en dehors de Madrid. La rencontre aura lieu à Séville, une ville merveilleuse, qui nous apportera un environnement idéal pour parler, écouter et faire du networking.

« 10 minutes de gloire » est un exercice difficile, y a t-il beaucoup de candidats ? Y a t-il eu, parmi les projets présentés les années passées, un qui fut plus un succès que les autres ?

Cela revient à me demander lequel de mes enfants je préfère ! Plus sérieusement, je crois qu’il y a eu énormément de projets merveilleux, mais je ne pourrai pas en choisir un de spécial. Je pourrai plutôt évoquer, par exemple, Somos Cientificos (« Nous Sommes Scientifiques »), la version espagnole de I’m a scientist, qui grâce à leur présentation à Ciencia en redes ont pu être financés pour transposer l’idée en Espagne. Cet exemple montre que nous avons alors servi d’incubateur à entreprises. Il y a encore des milliers de belles idées qui ont été évoqué pendant ces Dix Minutes, à propos de l’utilisation de Snapchat ou encore un profil Twitter d’un préNéandertalien.

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